Observatoire des pratiques

La pratique musicale en amateur

Enjeux humain, politique, économique

  • Vendredi 12 novembre 2021 de 9h à 18h
    Samedi 13 novembre 2021 de 9h à 17h

2 jours de partage d'expérience et de rencontre

A la croisée des disciplines artistiques et des publics, ces deux journées nous plongeront au coeur de la pratique musicale en amateur, un sujet dense pour lequel nous apporterons différents éclairages, grâce à des témoignages scientifiques, sociologiques, politiques, avec des observations de pratiques et des mises en situation, de la recherche appliquée et des données interactives.

Si la réalité de cette pratique d'un territoire à l'autre est diverse, le monde des amateurs est un véritable écosystème, il façonne le visage de la société, alimente la pratique artistique des professionnels et a une incidence sur la construction des politiques publiques.
 

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Professionnels, amateurs, politiques, nous comptons sur vous pour répondre à notre invitation, contribuer, témoigner, partager notre démarche pour construire ensemble une représentation commune du concept de la pratique musicale en amateur.

Publics : élus et institutions, encadrants et chercheurs, choristes et instrumentistes, professionnels et amateurs

Témoignage politique - Anne-Marie Jean
Grand témoin - Jean-Michel Lucas
Animation - Jean-Pierre Seyvos


Interventions

Ernest Laurent : un négociant en vin montbéliardais dans l'orchestre du festival de Bayreuth de 1876.
Ernest Laurent (1839-1902) fut le seul musicien français qui soit venu participer à la création de la Tétralogie de Wagner, Der Ring des Nibelungen, au premier Festival de Bayreuth de 1876. Ce violoncelliste était venu apporter bénévolement son concours : il n'était pas un musicien professionnel, mais un « amateur » fortuné, négociant en vin à Montbéliard. Quinze ans plus tard, le même Ernest Laurent serait le créateur en France du Concerto pour Piano d'Edvard Grieg, lors d'un concert mémorable au Grand Théâtre de Bordeaux, tenant cette fois-ci la redoutable partie de piano solo. A la fois "Amateur", "Virtuose" et "Militant de la cause de la Musique de l'Avenir", Ernest Laurent offre une image à la fois singulière et exemplaire de la pratique musicale des amateurs en France au XIXe siècle.

Denis Morrier est professeur d'Analyse musicale au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et de Culture Musicale au Conservatoire du Pays de Montbéliard. Ses activités de recherche musicologique ont trait à deux domaines particuliers : le baroque naissant en Italie (autour de Monteverdi) et le Wagnérisme.

L'amateur entre fortune, patronage et bricolage
Depuis son émergence au XVIIIe siècle, l'amateur peut s'inscrire dans trois positions (combinables) : le divertissement, manifestation du désintéressement, l'engagement, manifestation d'un patronage et le bricolage, manifestation d'une résistance ambigüe à la culture savante.
 
Musicologue et sociologue français en retraite, Georges Escoffier a notamment enseigné l'histoire et l'analyse des politiques musicales ainsi que la sociologie et l'économie de la musique à l'Université Lumière Lyon 2 ainsi qu'à L'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Une partie de ses travaux s'est attachée à comprendre l'histoire sociale de la musique à travers le XVIIIe, le XIXe et le XXe siècles par l'étude des théâtres lyriques, de l'orphéon, des concerts et des pratiques vocales des amateurs.

Diriger des amateurs, une affaire de professionnels
Dans son acception contemporaine, la notion d'amateur est définie par opposition à celle de professionnel. Pour autant, amateurs et professionnels ne vivent pas en vase clos. Le flou et la porosité des frontières qui les séparent invitent à se pencher sur leurs relations. Nous traiterons cette question en étudiant l'encadrement des groupes amateurs de musique d'ensemble. Le parcours et le profil des professionnels qui encadrent ces pratiques sont révélateurs de la structure des univers musicaux contemporains et de la place qui y est accordée aux amateurs.
 
Guillaume Lurton est maître de conférences à l'IAE de l'université de Poitiers où il enseigne la sociologie et la théorie des organisations. Ses recherches relèvent de la sociologie économique appliquée aux univers artistiques et culturels. Il étudie en particulier les transformations des pratiques chorales au cours des cinquante dernières années.

"Aux amateurs de la noble science de Musique". Nouveaux acteurs et pratiques musicales au XVIe siècle.
Jacques Barbier interroge les sources musicales manuscrites et imprimées, les traités et quelques oeuvres sacrées et profanes de la Renaissance afin de confirmer l'émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques musicales. Il confirme ainsi, à côté des musiciens professionnels, la présence nouvelle de musiciens amateurs dont la pratique est  considérée comme "le passe-temps le plus doux" ; une vision inspirée de l'humanisme ambiant dans l'Europe du seizième siècle mais surtout une nouvelle clientèle recherchée et choyée par l'activité alors en plein essor des principaux imprimeurs de musique.
 
Ancien Professeur des Universités à l'Université François-Rabelais de Tours, Jacques Barbier a étudié tout au long de sa carrière la musique du XVe et du XVIe et plus spécifiquement son répertoire vocal. Très engagé pour créer des ponts entre musicologie et pratique vocale, il présida, entre autres, l'association nationale À Coeur Joie, le Festival Florilège Vocal de Tours ou encore le Centre d'Études Polyphoniques en Région Centre (CEPRAVOI).

La sociabilité des amatrices au salon : l'opéra genré du Magasin des demoiselles (1854-1880)
De 1854 à 1880, le Magasin des demoiselles, l'un des premiers périodiques féminins en France, publie un opéra de salon annuel pour ses abonnées. Destiné à l'espace semi-privé du salon bourgeois, l'objet culturel du périodique est genré : tous les rôles et emplois de cet opéra-comique en réduction sont féminins. Nous scrutons ces caractéristiques au prisme de trois oeuvres de la collection – La Cigale et la fourmi, La Dame de compagnie de F. Poise, La Fille du golfe de L. Delibes.
 
Sabine Teulon-Lardic est docteure en musicologie de Paris Sorbonne et chercheure au laboratoire CRISES (E.A. 4424) de l'Université Paul Valéry Montpellier 3. Son premier axe de recherche, l'opéra-comique au 19e siècle, la conduit à participer aux colloques internationaux et à contribuer à des publications collectives (Carmen Abroad, Cambridge University Press, 2020). Son second axe explore les pratiques musicales, amateurs et professionnelles, dans les théâtres de plein air et les institutions du midi de la France (Inventer le concert public à Montpellier, Symétrie, 2014).


Entre sous-professionnel et amoureux de la musique, l'ambiguïté du mot “amateur” témoin de notre difficulté à définir notre relation à la musique.
L'émergence du statut de musicien professionnel contemporain à partir du XIXe siècle et la mystification du rôle de virtuose et du génie créateur issue de la philosophie continentale à la même époque engendra par voie de conséquence un vide pour nommer et définir une réalité de la vie musicale : celle des pratiques musicales non professionnelles. Ce vide pour nommer ce qui n'est pas est actuellement comblé par un terme paradoxalement positif : celui d'« amateur » désignant alors celui qui aime la musique. Il nous semble alors important d'aborder ce paradoxe linguistique, source des difficultés d'analyse des pratiques musicales au sein de la dichotomie « professionnel et amateur », afin de mettre en lumière une question beaucoup plus philosophique mais néanmoins cruciale pour l'étude de la musique et pour son organisation politique : celle du rapport de l'homme à la musique que nous nommons « rapport esthétique ».

Pierre d'Houtaud est professeur agrégé dans le secondaire. Docteur de l'Université de Lorraine en Histoire, spécialité "musicologie", ses travaux de recherche ont porté notamment sur l'étude de notre rapport à la musique depuis l'apparition de l'enregistrement. Chargé de recherches à l'INECC Mission voix Lorraine afin d'étudier les pratiques musicales en amateur, il a monté avec le Professeur Jean-Paul Montagnier le projet de recherches MUSAMAT au laboratoire du CRULH de l'Université de Lorraine dans lequel il est chercheur associé. 

En savoir plus >>
  • Témoignage politique - Anne-Marie Jean
    Anne-Marie Jean est conseillère municipale déléguée aux pratiques culturelles en amateur. à la ville de Strasbourg et vice-présidente de l'Eurométropole de Strasbourg. Après sa formation à HEC, elle occupe différentes fonctions dans les domaines des ressources humaines, du marketing, de la communication, de la stratégie, du développement territorial et de la RSE. Elle siège au conseil d'administration d'associations professionnelles, établissements publics et fondations et est élue des CCI Alsace Eurométropole et Grand Est.
  • Grand témoin - Jean-Michel Lucas
    Consultant en politique culturelle, humaniste et fervent défenseur des droits culturels, Jean-Michel Lucas est chroniqueur « droits culturels » pour Profession Spectacle. ll met à profit son expérience dans l'administration culturelle,  pour préconiser un renouveau des politiques culturelles fondé sur le référentiel des droits culturels des personnes. Ses articles sont recensés sous le pseudonyme Doc Kasimir Bisou. Dernier ouvrage : « Droits culturels : enjeux, débats,  expérimentations ». Territorial éditions
  • Animation - Jean-Pierre Seyvos
    Jean-Pierre Seyvos est compositeur et metteur en scène ainsi que formateur et consultant dans le domaine des politiques culturelles. Il a été directeur du CRR de Poitiers, responsable des enseignements artistiques pour la Région Île-de-France, et chef de projet d'une réflexion de fond au niveau national sur l'éducation et les enseignements artistiques. Il a publié également un ouvrage sur la pratique de la musique de chambre en amateur pour l'ARIAM Île-de-France.

En partenariat avec l'Université de Lorraine, le CRULH et la Cité musicale-Metz

  
La pratique musicale en amateur
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Réf. 21603
Infos pratiques
  • Lieu : Metz (57) / Arsenal
  • Intervenant : Denis Morier, Georges Escoffier, Guillaume Lurton, Jacques Barbier, Sabine Teulon-Lardic, Pierre D'Houtaud, Anne-Marie Jean, Jean-Michel Lucas et Jean-Pierre Seyvos
  • Dates : 12 et 13 novembre 2021
  • Tarifs :
    -
    2 journées
    gratuit
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